NIAGARA LA DETREMPEE & D.G. :

 

 

LE JOURNAL DES SECRETS

(extraits)

 

 

 


 

 

« Le feu de ton amour m'illuminait,

et l'eau de ton entretien nourrissait la source de mon coeur.

Cette eau est devenue un mirage, et ce feu un éclair.

Ce sont des choses passées... ce n'était sans doute qu'un rêve. »

 

Mevlânâ Roûmî

 


 

Nos deux lunes noires étant conjointes en Scorpion nos fantasmes érotiques abolissent les distances et transcendent les limites.

On pourrait jouer à un jeu de projection et raffinements érotiques dont le support serait le jeu de l'oie. A travers les 63 cases se déroulerait un itinéraire sensuel qui coïnciderait avec la montée du désir exacerbé par le hasard du jeu de dés... Les premières cases ressembleraient à un « strip-poker » et les vêtements peu à peu tomberaient. Chaque case indiquerait (règlement à l'appui) ce qu'il faut faire. Peu à peu on arriverait aux caresses, baisers et hommages en diverses positions (le fait de trop reculer sur les cases et donc de se rhabiller relancerait le désir) jusqu'à l'explosion finale (la case « 63 ») : la jouissance absolue.

En attendant poursuivons notre correspondance particulière... Je me masturbe aussi en pensant à toi, jolie fleur printanière qui s'épanouit dans l'humidité des chaleurs précoces...

C'est plus fort que moi, ta chatte poursuit mes pensées et les dépasse. On a si peu de temps ensemble que je ne pense qu'à ça et je respire l'odeur de ta petite culotte rouge inondée par Niagara la détrempée.

Je voudrais dessiner ta porte de toutes les merveilles à l'instant du plaisir. La croquer... Et boire toute ta liqueur qui jaillit par à coups. Et c'est comme si tes jets inondaient encore ma bouche...

Comment ne pas honorer sans cesse un tel temple gémissant de désir ! Et c'est comme si mon coeur bandait à rompre, la distance exaspérant le désir et ravageant mes nuits blanches de lune noire quand tu miaules et ronronnes dans mes rêves...

 


 

Notre dernière soirée pourtant pour une fois très « sage » n'a pas tempéré mes ardeurs. Jolie fleur printanière qui s'épanouit dans les torrents de désirs qui nous submergent, tu es ma Vénus des montagnes et tes cascades me jaillissent au visage au point de durcir ma barbe une fois sèche...

Je voudrais t'attacher par des chaînes de fleurs pour te rendre heureuse jusqu'à des jouissances surhumaines inconnues...

Que tes gémissements se répercutent en un cri sans fin que l'écho des montagnes me renverra constamment!

Qu'il n'y ait pas une seule position par laquelle je ne puisse t'honorer !

J'ai soif de ta source surabondante et de chaque pore de ta peau où je boirai ta sueur !

Jusqu'à ce que les tétons de tes beaux fruits et le bouton de ta délicieuse fleur deviennent des pics de montagnes que j'escaladerai !

De jour comme de nuit je te vois danser nue sous tes voiles qui, peu à peu, glissent afin que se découvre ton corps de déesse. Nos rapports dans ton fourgon sont magiques et le temps n'a plus de durée.

Si nous nous retrouvions dans une île déserte tu te cacherais jusqu'à ce que je te trouve au fond des forêts et plus ma « chasse » durerait, plus longtemps je te ferais l'amour. Et il y aurait des pièges que je connaîtrais, des croisements où je te coincerais, des arbres où je t'attacherais à califourchon jusqu'à ce que tu jouisses. Puis le vieux Pan se jetterait aux pieds de la jeune Vénus et sa langue remonterait en la léchant jusqu'aux profondeurs humides de son volcan en laves. Jusqu'à ce que tes gémissements se répercutent en un long cri rauque et sensuel qui me tuerait !

 


 

Quand donc viendras-tu te masturber devant mon miroir ?! L'intensité charnelle est à son comble quand, comme convenu, je pense fortement à toi à 16 h. et 22 h. Mais mon émoi est tel que je ne puis discerner ce qui vient de moi en projection fantasmatique de ce qui vient réellement de toi ? Quand je te palpe, Niagara la détrempée, c'est comme si je retrouvais un corps qui n'appartient ni à l'un ni à l'autre...

Ne papillonne pas trop ta grâce à ne pas galvauder car tu viens d'un autre monde sans le savoir, au-delà de l'écume des vagues d'où tu as jailli, toi dont la lèvre inférieure est si pulpeuse qu'elle semble bander comme le Tuc, cette colline pointue juste en face de chez moi.

Tu es mon supplice de Tantale car je n'en peux plus de ne pas pouvoir sans arrêt te caresser. Et j'en chiale comme un con. Faut-il faire la fête chez moi pour que t'y restes la nuit ? J'aime tant que tu râles de plaisir en une jouissance soutenue par le nectar qui s'écoule de ta chatte en feu... et je crie ton nom !

C'est malgré les sons des musiciens que je t'écris cette lettre érotique. J'ai joué pour toi et j'avais parfois l'impression de voir danser ta silhouette même si je décolle moins quand je ne te vois pas. Un peu d'absence entretient le désir, trop d'absence le rend fou...

Après le foot, en sueur j'étais et j'aurais voulu te lécher sans savoir me tenir en public.

Jamais je n'essaierai de te changer. Lilith ne se change pas. Elle ne peut qu'acquérir plus de conscience car elle Est conscience si elle se réalise. Je te ferai tout ce que tu voudras et nous serons tout ce que nous voudrons.

Le Tuc de ton clitounet m'a rendu éperdu et je t'honnore constamment même par la pensée, sans ta présence qui résonne dans ma nuit de l'âme.

Quand je cours à travers les montagnes pour te rejoindre, seuls les arbres entendent mes cris !

Quand tu es écartelée dans mes cordes, ta jouissance plus qu'humaine atteint les sommets du divin !

Et quand mon coeur pense à ta chatte volcanique, luisante de désir, je reluis et rugis de plaisir !

Asperge-moi de ton nectar sans cesse car ma soif est inextinguible !

Je voudrais enfoncer ma tête jusqu'au fond de ton sexe pour y boire à n'en plus pouvoir !

Mais ce qui nous distingue aussi des autres histoires, c'est que c'est avec ton être profond que j'ai envie de faire l'amour...

Et je te dirai toujours des choses qu'on ne t'a jamais dites. Et nous nous ferons toujours des choses qu'on n'avait jamais fait.

 


 

Tu es partie et je suis si bouleversé que je te vois encore, que je te parles en contemplant la présence de ton absence. Et j'écris notre correspondance où le désir et l'amour ne font qu'une seule intensité irradiante qui explose ou s'apaise suivant les moments.

Rien n'est prévisible dans notre aventure et nos destinées se sont étendues en une nuit délicieuse. C'était « la nuit des Walpurgis » (3 Avril) mais nul fantôme n'apparut : ils s'étaient tous planqués pour se rincer l'oeil de nos noces cosmiques...

Quand la jouissance va droit au coeur le monde n'est plus le même et tu me fais découvrir le bonheur qui fait les yeux émerveillés...

Par le moindre contact avec ta peau je m'envole sur un nuage d'où je t'asperges. Et toujours ce « Hah ! » du monticule démesuré, ce Tuc qui me jaillit au visage en voyant la chaîne des montagnes de Pyrène.

Mon coeur bondit comme un cheval fou qui s'emballe sans contrôle ni raison ! Et tout s'efface dans notre jouissance sans trève...

Mes miroirs guettent ton retour pour refléter la beauté de ton excitation. Moi-même je suis devenu miroir pour que tu t'épanouisses encore plus dans l'érotique de mon regard...

Viens danser et onduler des hanches !

Viens danser et balancer des seins !

Viens danser la moiteur de ton odeur !

Viens danser la cascade qui coule entre tes jambes !

Viens danser et gémir de désir !

Viens danser de tous tes sens !

Viens danser mon vertige jusqu'à l'extase !

 


Par cette correspondance érotique bouleversante l'intensité physique et métaphysique atteint des états-limites de bonheur et de malheur en un amour sans issue coincé dans les obligations familiales et sociales d'un monde où le temps et l'espace contraignent et déterminent. Ici, sauvagerie primitive et fantasme cérébral se marient en une fascination transcendantale de l'éternel féminin. Comme si les valeurs de la lune noire s'exprimaient par l'inaccessible et insaisissable Lilith au parfum d'absolu, incarnée par instants dans une merveilleuse et allumeuse petite fleur des montagnes qui finalement en vint au refus...

Il n'est pas surprenant qu'une telle démesure éphémère se termine par une rupture ou par la mort. Ce qui revient souvent au même.

 

Juin 97.

 


 

Texte paru en décembre 1997 aux éditions Révolution Intérieure.

© Niagara, D. G. & Révolution Intérieure.

 


 

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