LILITH ET LE POEME

 

 

 

 


 

 

 

LILITH

 

 

 

            Ange noir descendu vers Adam l’androgyne, ange bleu féminin dont le souffle est un cri, tu descends dans le sang et fixe ton image au profond de nos veines, portant la lune noire dans l’ombre de ton ventre, celle dont il ne naît rien d’autre que nous-mêmes, que le plaisir révèle si nous le dépassons. Ta bouche a des baisers subtils, elle ouvre une aile dans l’obscur.

 

            Ange noir, ange bleu, qui connaît les couleurs ? Ange rouge peut-être, ange blanc du noyau diffus de la semence, ange du néant affronté pour les retrouvailles interdites avec tout ce qui dort en nous, avec toutes celles qui dorment en nous.

 

            Tu connais leur violence, Lilith. Violente comme la pureté. Comment pourrais-tu concevoir que sans se mélanger à toi on puisse comprendre ce que tu es ? Comment pourrais-tu concevoir dans la pâle virginité la demeure de cette foudre qui peut-être est l’essence que nous cherchons dans la totale solitude et croyons quelquefois trouver, pendant l’espace d’un vertige, dans un regard qui nous rassemble ? Ecoute le chant de tes enfants qui te restituent ton mystère. Foudre, foutre, fou de Dieu, tu mélanges les mots car tu sais leur secret, car tu connais la clé... Toi, Lilith, l’ange où passent toutes les couleurs mais où aucune ne s’arrête, car comment s’arrêter à l’absolu vertige ?

 

 

                                                                                                          Pascal Perrot

 

 

 


 

 

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