LILITH ET LE POEME

 

 

 

 


 

 

 

AD MAJOREM LILITH GLORIAM

 

 

 

            Telle l'équation à double tranchant préposée à ma levée d'écrou, elle salive de sombres nuées et vide son sac de tortures amoureuses ; lourde porte de plomb. C'est l'inouï du clin d'œil, louve à queue de scorpion, ou le désir qui crépite dans l'âtre du temple cardiaque. Pareille à la mort, elle gâte de ses doigts câlins le dictionnaire de mes fausses identités et repose sa tête à l'angle de mes post traumatic stress disorders. J'en avale l'absolu à sniffer son odeur et me brûle onze fois le verbe à force de rire dans le noir de sa chevelure. D'une gravité incommensurable, taper à la porte du château de détonations tantriques.

 

            Lire à même Halloween ou griffer de caresses le méchant blason de son corps, c'est l'agonique vitrail de sauter dans le vide : tangente de l'espace mortel, boire la folie à même la coupe de sang.

 

            Au quarante-neuvième chapitre, ma petite comète polonaise vient illuminer le ciel de ma nuit interne, incendiant périphérie et centre, toutes griffes dehors. Cent-six unités d'extase qui flambent verticales, de la cendre de rage qui me bouffe la tête et décline le verbe baiser. Réintégrant la zone médiévale de la tendresse, mon soleil scelle un été de folie furieuse à ton front de vampire cela tandis que ta chair de courtisane me plante un pieu d'infini en plein cœur.

 

            Et l'heure explose, c'est la crevaison de l'horloge, terreur béate et louange très grave, cordage de l'essentiel me liant le cerveau. Petite putain de Poznan, papesse aux membres entravés, tu es dé de sang qui m'explose à la face, horizon perdu qui amorce son retour, brasier aux dents de panique.

 

            Cercle de feu ou poison d'excellence, ton rire pervers résonne dans les tombes d'extase tel un zénith de faërie à l'assaut de noires citadelles, s'en venant libérer le lourd reptile de ma joie. C'est l'instant fatal, la carbonisation des cycles, il te suffit, averse de poignards, de te mirer en mes douves.

 

            T’embrasser est claque de foudre hurlée à l'envers, étoile de sèves mêlées qui gronde dans les steppes du jouir, un Noël de démence pillant les sarcophages du cœur.

 

 

 

                                                                                                          Philippe Pissier.

                                                                                  Extrait de Fragments pour Diana Orlow.

 

 


 

 

 

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