LILITH ET LE POEME>
JE TE SALUE LILITH PLEINE DE VIDE
"L'être humain ne pourra bientôt plus survivre que dans les conditions climatiques de l'espace interstellaire,à des températures en dessous du zéro absolu, parmi les brises et les tempêtes des vortex d'univers parallèles et des sas d'anti-matière."
Werner von Schlouf
Sur l'écran violet
sur l'écran noir
sur l'écran froid
au creux de ton ventre
où le vide implose
dans tes images du sommeil
— toi le passager moribond
de toutes les fuites —
c'est le monde de
la femme morte du monde.
Sur l'écran froid des images
du sommeil,
c'est la femme morte
c'est le langage en négatif
c'est la mort qui dessine les signes
et cette mort est ce qui reste de la vie.
La femme morte de la vie est la seule
la seule présence de ce qui reste.
L'homme est un gaz gluant la femme aussi
seule reste la femme morte de la vie
qui n'est pas une femme
mais le monde du vide
où l'air existe encore.
Sous la surface de la planète
glissent les survivants en voyage cryogénique,
découvrant le jeune visage barré de noir
d'une vie à l'envers :
la femme morte de la vie.
Elle aura quinze ans à la fin du monde
son rire est un son blanc
de vitres brisées.
Sous la surface
les chœurs visqueux n'existent pas,
c'est la vie des survivants
— ni homme ni femme —
rencontrant, barré de noir sous la surface,
le visage cassant et immuable
de celle qui est l'oxygène profond.
Elle aura quinze ans à la fin du monde.
Elle se branle avec la main empaillée
du cadavre de Dieu.
Francis Guibert