LILITH ET LE CIEL
LA LUNE NOIRE SELON DOM NEROMAN
Définitions :
Le système Soleil-Terre-Lune n’est pas limité à ces trois corps célestes, il y a deux éléments orbitaux dont il faut tenir compte : la Lune noire ou Lilith et l’axe des nœuds lunaires ou Dragon.
La Lune décrit une orbite elliptique ; la Terre occupe l’un des foyers de l’ellipse : l’autre foyer est vide au sens matériel mais il représente un centre agissant analogue au centre de gravité d’un corps creux comme une bouteille ou une cloche : c’est ce foyer vide qui s’appelle la Lune Noire. Dans les tables astronomiques, c’est l’apogée lunaire : Lilith est en somme l’opposite du périgée lunaire.
Au point de vue influentiel, Lilith représente l’antenne passive X et le Dragon l’antenne active I, tout l’ensemble vivant de la biosphère Lilith antenne passive donne la tonalité bestiale à l’antenne qu’elle recouvre. Elle transforme le gourmand en glouton, le charme devient du sex-appeal : les plaisirs deviennent des orgies. Le Dragon est l’antenne active, canal des influences d’en haut. Dans le thème du Christ, le Dragon se superpose à l’antenne passive, la tête du IV, donc la queue sur X maléficiant le destin terrestre.
Notons que l’antenne passive Lilith tourne dans le sens direct matériel et l’antenne active du Dragon dans le sens rétrograde (ces deux sens sont souvent méconnus par la plupart des astrologues qui ont perdu le sens du sacré, comme le dit Antarès dans la revue Demain - c’est moi qui parle). Ils se superposent tous les 3 ans. La coïncidence Lilith-Tête du Dragon se reproduit tous les 6 ans, cycle découvert par le météorologiste allemand Grossmayer.
A noter au point de vue calculs que Lilith a une latitude alors que le Dragon n’en a pas.
Sur l’exemple de Verlaine, voici quelques commentaires utiles à relever.
Lilith en maison VII : le dominateur sensuel.
Il y a tout d’abord sur ce plexus jupitérien Lilith à 1° près : elle est en Taureau sous le ternaire Vénus-Jupiter-Mercure (vous savez sans doute que Dom Néroman a retrouvé les nuancements du Zodiaque des anciens Egyptiens), le signe zodiacal + le seigneur du décan + le maître du rameau de 3°3 chacun, ce dernier imprimant sa marque : de ce fait, quand elle est en jeu avec le Jupiter que l’on vient d’analyser (le protecteur vautré dans le vice avec Mars, Vénus en Taureau dominant la passion charnelle : ainsi Paul Verlaine se “soumettra à Arthur de façon écœurante : exemple certaines de ses lettres : ‘Merci pour ta bonne lettre : le petit garçon accepte la juste fessée, aime-moi, protège et donne confiance : être faible, j’ai très besoin de tes bontés. Prudence, fais en sorte au moins quelque temps d’être moins terrible d’aspect qu’avant ; linge, cirage, peignages, petites mines... Moi, d’ailleurs, linge, brosseur, etc... si tu veux.’“ (extraits du biographe Porché). Voilà le type de “protecteur“ que devient Jupiter quand Lilith le défigure et l’avilit...
Je résume ensuite les traits de caractère mêlés à Lilith sur la terrible conjonction Mars-Vénus-Lilith et demi-carré Soleil : un bloc ramassé sur 4 degrés de “domitude“ est indissoluble dans l’atmosphère de Lilith qui tonalise dans sa note animale bassement charnelle les 4 planètes dont elle marie les reflets : c’est un véritable plexus bestial.
Mars est en exil terrestre dans le Taureau : c’est le goût de commander sans souci des froissements qu’il peut commettre ; plus Paul brutalisait sa femme moins l’homosexuel inverti “aimait à recevoir d’Arthur les coups qu’il donnait à Mathilde (effet évident de l’exil de Mars soumis à Vénus et inversement! la dissonance de Neptune jointe à l’effet de Lilith invertit l’être sexuel, Verlaine est maître au foyer à la façon d’une brute (Lilith) mais aussi un faible, Mars en exil aux griffes de Vénus qui n’a de courage que devant plus faible que lui. Ainsi, le 15 juin 1872, Mathilde parvient à s’échapper mais il s’incline devant le gendre qui le terrasse... Dom Néroman passe ensuite à l’influence de Vénus qui lui donne en prison son génie de poète sensible à la beauté mais surtout par le goût de la vierge à déflorer !...
Le soleil en maison III lui a valu des entourages utiles mais aussi des compagnons de Ganymède bestialisés par Lilith, roulant avec eux dans les fosses ou dans les bouges, dans des beuveries insensées.
Nous abordons maintenant, après la vie de Verlaine, des interprétations symboliques et philosophiques.
D’abord, pour les gestations solaires ou tropiques, Dom Néroman dit au sujet de Lilith : “Je crois que l’on doit tenir compte non pas des luminaires en soi Soleil et Lune dont l’accouplement forme le Dieu HORUS mais de l’accouplement Soleil-Lilith ou Soleil-Lune noire, pour deux raisons que je vais dire en peu de mots : la première, capitale, est que l’être qui s’incarne à la fécondation, à l’instant de la fusion du spermatozoïde et de l’ovule, est un être purement animal ; à ce titre il relève du facteur de la fécondation qui est Lilith (et son opposite Priape) ; il est justiciable de cette Lune noire qui représente tout le grouillement organique de notre biosphère. La seconde raison est que pendant la triamorie solaire, Lilith décrit un signe zodiacal avec une exactitude suffisante pour forcer la réflexion : il en résulte que l’aspect Soleil-Lilith varie d’un trigone pendant la durée de la triamorie ou de la gestation : il est clair que le trigone reconstitue l’atmosphère du couple Soleil-Lilith et ce jeu explique que si la triamorie solaire détruit le trigone recrée ; la triamorie détruit le fœtus mais le trigone crée définitivement l’être dont la fécondation n’avait créé que le germe animal, l’œuf initial nécessaire à l’être humain projeté, mais si infiniment éloigné de lui dans l’échelle des espèces.“
Il semble logique d’admettre que le mécanisme n’est pas réglé avec tant de rigueur puisque les grossesses de durée anormale sont fréquentes (presque de règle) et que les deux solutions, l’une et l’autre possibles, encadrent la vérité.
Traitant alors le problème inverse, on énoncerait l’hypothèse suivante : une date de conception étant donnée, la naissance normale peut se produire à trois dates : celle de la triamorie solaire, celle du retour trigone de l’aspect Soleil-Lilith, celle du 10ème retour tropique de la Lune : la naissance “normale“ est possible à tout instant de la période délimitée par la plus proche et la plus lointaine de ces trois dates.
Cette période est très brève si l’on emploie les valeurs moyennes des cycles mais elle se trouve élargie par les irrégularités du cours des luminaires. Si ces trois dates sont très voisines, la date de la naissance théorique normale peut être prévue avec assez de précision. Dans le cas contraire, un calcul est nécessaire.
Règles relatives aux facteurs influentiels, facteurs planétaires : ce sont des agents de liaison entre ciel et terre ; ils n’ont pas un influx particulier comme les planètes : ils colorent les influx planétaires et exaltent la réceptivité du sujet ; le Dragon donne aux influx la tonalité spirituelle et donne au sujet la sensibilité du poète, de l’artiste, de celui qui sent, qui a des antennes, qui est en relation avec le psychisme universel ; la queue du Dragon fausse cette sensibilité et la fait mal percevoir, donc se tromper, d’où sa réputation maléfique ; au contraire, LILITH donne aux influx la tonalité matérielle, charnelle, et au sujet le goût des basses jouissances, gloutonnerie, égoïsme érotique bestial dans la note féminine du côté de Lilith et masculine du côté de Priape.
Ne pas négliger les trônes: Balance pour la Tête du Dragon, Bélier pour la Queue, Cancer pour Lilith, Capricorne pour Priape.
La Lune noire a le même trône que la Lune claire car elle est l’image de la femelle universelle animale attirant la semence mâle nécessaire à la plus impérieuse des lois biologiques, celle de la fécondation.
Les dates favorables. Voici ces règles : les facteurs en jeu sont les éléments de liaison entre ciel et terre, Lune et axes lunaires (Dragon, Lilith), avec intervention du Soleil comme agent de vitalisation, et la Part de Fortune, critérium de chance. Ce sont donc les plexus du Dragon et de Lilith qui dominent.
Chacun de ces plexus entre favorablement en jeu quand il se trouve simultanément sous les transits directs ou harmoniques des deux luminaires (exemple : plexus du Dragon transité par la Lune au moment d’un trigone Lune-Soleil).
Le plexus du Dragon apporte la chance dans le domaine de l’esprit ; trouvailles ingénieuses, découvertes, idées heureuses et fécondes. La meilleure atmosphère est celle des Maisons de Concours.
Le plexus de Lilith apporte la chance dans le domaine de la matière, des plaisirs grossiers : ils se plaisent dans les Maisons d’obstacles évolutives...
Pour trouver rapidement ces dates, on cherche dans les éphémérides une période pour laquelle le Soleil envoie un rayon harmonique sur le plexus choisi, de deux mois environ, puis on choisit pendant cette période le jour où la Lune est en harmonie avec le Soleil (sextile, conjonction ou trigone).
Les dates dangereuses. Le plexus de Lilith maléficié provoque la malchance dans les plaisirs bassement sensuels, soit l’envers des “bons dîners“ et des aventures dites sentimentales : si le transit est harmonique, on cédera à la tentation ; si le transit est dissonant, on peut y résister car alors on sent qu’il vaut mieux résister à un plaisir qui n’est qu’une apparence séduisante mais contenant d’amères déceptions.
Tout ceci peut s’appliquer également à l’astrologie mondiale, marquant des périodes de décadence (exemple : Babylone) ou de mutations révolutionnaires, ou de renouveau comme l’ère du Verseau.
Didier Racaud