LILITH ET LE CIEL
NOTE ASTRONOMIQUE SUR LA LUNE NOIRE,
SECOND FOYER DE L’ORBITE LUNAIRE
En raison des perturbations très nombreuses, la Lune ne décrit pas son ellipse képlerienne moyenne. Pour rendre compte de son mouvement réel, on peut remplacer celle-ci par une orbite osculatrice, dont le second foyer est “Lilith vraie“. Cette orbite osculatrice est ellipsoïdale, perpétuellement tangente à la trajectoire perturbée réelle de la Lune, et à l’endroit où se trouve celle-ci à chaque instant. Son axe des apsides s’écarte de part et d’autre de celui de l’orbite moyenne, avec un angle dont la demi-amplitude est de 12°33 et selon une période de 206 jours.
En raison de plusieurs perturbations de périodes très différentes, la Lune n’est pas au plus loin de la Terre (apogée réel) lorsqu’elle est à l’apogée orbital de l’orbite osculatrice (conjointe avec Lilith vraie), ni au plus près lorsqu’elle est au périgée orbital (opposée à Lilith vraie). Ce phénomène inhabituel est à priori déroutant. Ainsi, la Lune passe au plus près de la Terre le 10 Janvier 1989 à 23h T.U. selon l’annuaire du bureau des longitudes. C’est à ce moment-là aussi que sa vitesse est maxima, selon les lois de la mécanique céleste. Sa longitude est de 2°7 des Poissons. Or, l’opposition de Lilith vraie est à 15°6 des Poissons, soit une différence de 12°9. Autrement dit, les périgées et apogées réels ne se confondent pas avec les passages de la Lune aux périgées et apogées de l’orbite osculatrice.
En général, chaque perturbation lunaire est étudiée séparément, comme si elle existait seule. La principale agissant sur la distance Terre-Lune est 141 évections 10. Elle correspond à la variation périodique de l’excentricité de l’orbite osculatrice qui n’est pas constante. Lorsque cette excentricité augmente, les foyers s’écartent et se rapprochent du contour de l’orbite.
La Terre se trouve à l’un d’eux. On entrevoit déjà ce qui se passe. La distance focale “F“ d’une planète à l’astre central est donnée par :
F = a(I-e 32 4) / (1 + e.cos.V)
où a = demi-grand axe, e = excentricité, et V = anomalie moyenne (distance angulaire de la planète à son périgée).
F est minimum quand V = 0°, et maximum quand V = 180°.
Mais, dans le cas de l’orbite osculatrice lunaire, “e“ n’est pas constant, et on a pratiquement : e = 0,054900 [1 + 0,231.cos.2 (S-P)], où S = Soleil et P = périgée.
Pour “F“, on a donc, cette fois-ci, un système (élémentaire) à 2 équations :
F = a(1 - e 32 4) / (1 + e.cos.V)
et
e = 0,054900 [1 + 0,231.cos.2 (S-P)].
En ne considérant que l’évection, “F“ ne sera jamais plus minimum pour V = 0°, ni maximum pour V = 180°10, sauf cas exceptionnel d’une néoménie de conjonction ou d’opposition (N.L. ou P.L.) se produisant exactement sur l’axe des apsides : l’excentricité est maxima pendant que les périgées réels et orbitaux sont confondus. On peut le constater aisément.
Mais cette dernière hypothèse ne se produira pas rigoureusement dans la pratique, en raison des autres perturbations qui sont nombreuses. La perturbation venant ensuite en second rang pour la distance Terre-Lune, ou distance focale “F“, est 141 variations 10 : elle ovalise le parcours lunaire. Si celui-ci était circulaire, il deviendrait un ovale dont le petit axe serait tourné vers le Soleil. Elle produit ici un effet presque aussi important que l’évection.
Tandis que Lilith s’écarte au maximum de 12°33 de l’axe moyen des apsides, l’apogée réel peut s’en écarter jusqu’à 5°, et le périgée réel de 24°4 (pour plus de détails à cet égard, on pourra consulter mon étude parue dans le n°39 de la revue “L’Astrologue“).
Les périgées et apogées réels ne sont finalement que les points les plus rapprochés et les plus éloignés de l’écheveau sinueux et compliqué que décrit en réalité la Lune : ils ne correspondent à aucun axe des apsides d’aucune orbite, moyenne, osculatrice, ou autre.
Max Duval