ALEISTER CROWLEY :

 

 

THRENE

 

 

Les poètes meurent car ils s'aperçoivent

Que trop mesquins sont les mots pour exprimer

Tout ce que recèle leur cerveau.

Rime et rythme ne sont présents que pour habiller

La toute-magnificence de leur nudité.

 

Les poètes meurent car leur amour

Devient trop grand pour que puisse l'endiguer la vie ;

Seule la mort a pouvoir de planer

Au-dessus des limites qui les encerclent.

 

Les poètes meurent car mais pourquoi

Les êtres divins seraient-ils percés à jour ?

Laissons le secret à son juste sommeil!

Cela suffit : les poètes meurent.

 

 


 

THRENODY : première publication in "The Equinox", Vol. I, n° 9 (Londres, 1913).

© Ordo Templi Orientis (JAF BOX 7666 / NEW YORK, NY 10116-4632 / USA) pour le texte anglais

et © Philippe Pissier (5 rue Clémenceau / F-46170 CASTELNAU-MONTRATIER) pour la version française.

Traduction parue, en hommage à Jiri Wolf, dans le n°4 de la revue "Alexandre" (juin 1995).

 


 

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