Ciel noir d'orage, éclairs zébrant l'obscurité
La Mère dans son manteau de sang s'est levée
Deux millénaires de silence ont pris fin
Sa souffrance et sa colère s'expriment enfin
A l'encontre de Ses enfants aveugles et sourds
Handicapés de l'âme et de l'Amour
Debout sur la colline, l'Ange regarde le Crépuscule de ceux
Qui depuis trop longtemps se sont pris pour des dieux
Lui qui a vécu parmi eux sa vie durant
Espérant ainsi leur ouvrir les yeux à temps
Ne peut que regarder avec amertume et déception
Tomber un à un ses espoirs et ses illusions
Placés dans cette espèce qui se croyait évoluée
Animal soit disant de sagesse douée
Lui qui avait été envoyé avec Son autorisation pour les guider
Ne peut que constater de sa mission l'inutilité
Expérimentant jour après jour le pire de l'humanité
Coulent sur ses joues des rivières de sang
Si semblables à celles qu'ils versent régulièrement
Au nom d'idéaux aussi fallacieux que leurs sentiments
Obnubilés qu'ils sont par le pouvoir et l'argent
Dans leur folie destructrice ils n'ont rien oublié
Ni leur espèce, ni leur Mère, ni son Envoyé
A lui non plus, Ange errant sous forme humaine
Ils n'ont épargné ni leurs coups ni leur haine
Leur noirceur a teint ses ailes qu'il déploie à présent
Regard tendu vers le ciel, espoirs en lambeaux, la suppliant
De mettre fin à cette interminable souffrance
Lui qui voulait aider Ses enfants lui demande à présent
De faire disparaître de Son Corps toute trace de leur présence
Afin que s'arrêtent enfin Ses douleurs et Ses tourments
Elle déchaîne alors Sa colère, usant de Sa terrible puissance
Raz de marée balayant l'origine de sa souffrance
Jusqu'à ne laisser derrière Elle que Son Envoyé démuni
Pour constater l'étendue du terrible gâchis
Il aurait pourtant suffit de si peu pour qu'il tempère Son courroux
Quelques mots prononcés par un de ces fous
Un de ceux aussi étrangers que lui à ce monde
Un de ceux qui de la Vie savourent chaque seconde
Il aurait suffit d'un peu de cet Or qu'ils portent en eux
Juste un peu du souffle de ce sentiment si précieux
Inconnu de ceux qui à présent n'étaient plus
Sentiment sans nom, qui met le coeur à nu
Il aurait suffit d'un peu de cette lumière infinie
De cette énergie puissante qui préside à la Vie
Il aurait suffit d'un Amour sans barrières
Sans limites, ni contraintes, ni frontières
L'expression d'un Amour qui ne passe pas
L'Essence d'un Amour érigé en Loi.....
Morigane

